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Stress quand tu nous tiens…

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L’homme moderne doit maitriser son stress et apprendre à s’adapter sinon il sera voué à l’échec professionnel, à la maladie, à la mort prématurée », Hans Selye, 1970, créateur du « stress ».

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Perspective tout à fait réjouissante n’est-ce pas?! Il est vrai que le stress est omniprésent dans nos vies, dans les médias… ou devrait-on dire l’inverse, dans les médias puis, à force d’en parler, dans nos vies? Fort est de constater que le stress est un phénomène de société très médiatisé qui a pris une place prépondérante dans notre vocabulaire et notre corps. Pourtant, le stress n’est au départ qu’un stimulus naturel permettant à l’organisme de fournir une réponse adaptée à une situation nouvelle ou jugée dangereuse. C’est un élément très sain d’assimilation du monde extérieur, d’apprentissage émotionnel… lorsqu’il est bien géré.

Or les statistiques démontrent que le niveau de stress des travailleurs a plus que doublé en 10 ans. Cette augmentation du stress perçu alliée à la baisse du niveau de satisfaction professionnelle (on est passés de 62 % en 1991 à 45% en 2001), à la hausse de l’absentéisme et des problèmes de santé mentale, démontre sans l’ombre d’un doute que le stress est le mal du siècle.

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10 2009

« Mon travail me rend malade… »

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Nous évoluons dans un monde qui vise la performance, l’atteinte d’objectifs. Par conséquent, le stress est à la mode et c’est presque normal (voire valorisant) d’avoir fait un burn-out au cours de sa vie professionnelle. Ce qui va complètement à l’encontre de la santé et de la productivité des entreprises, les chiffres parlent d’eux-mêmes :

  • Une étude récente attribue à la dépression des pertes de productivité atteignant 4,5 milliards $CA (Stephens & Joubert, 2001).
  • Près de 500 000 Canadien s’absentent du travail chaque semaine pour cause de problèmes de santé mentale liés au travail.
  • Le coût global engendré annuellement au Canada par les problèmes de santé mentale s’élève à près de 14 milliards $, dont 8 à 10 milliards $ en raison de l’absentéisme. Ces coûts représentent 4 milliards $ pour la province du Québec.

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Selon un sondage de Statistique Canada qui comparait les situations de travail au Canada entre 1991 et 2001 :

  • La charge de travail moyenne et les heures consacrées au travail ont augmenté de 42 à 45 heures de 1991 à 2001.
  • La satisfaction professionnelle des travailleurs à l’égard de leur emploi a décliné de 62 % à 45 % entre 1991 et 2001.
  • L’engagement des employés au sein de leur entreprise a diminué de 50 % à 33 % de 1991 à 2001.

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Le burn-out est un état de fatigue intense, une incapacité à gérer la pression liée au travail demandé. Même si certains individus sont plus susceptibles que d’autres de connaitre le burn-out pour des raisons personnelles, la cause est souvent de nature organisationnelle. Des attentes trop élevées, trop peu de temps, de ressources, de coopération, d’attention. Dans leur livre, The Truth about Burn-out (1997), les auteurs Maslach, C. et Leiter, M.P. recommandent aux gestionnaires d’équipe de s’assurer que :

  • Leur équipe dispose de suffisamment de temps et de ressources pour accomplir leur travail
  • Les besoins du client passent avant toute réduction de couts
  • Un sentiment d’appartenance à la communauté existe entre les employés, sans être constamment érodé par les impératifs de production
  • La confiance est cultivée par une application juste dans les évaluations, les promotions et la répartition des avantages
  • La valeur de chacun ne soit pas détériorée par des tâches qui iraient à l’encontre de l’éthique et des valeurs personnelles de l’individu

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Le burn-out et les maladies du travail se soignent. Ils sont la manifestation d’un détachement nécessaire du corps et de l’esprit face à des tâches qui semblent impossible à réaliser. Ils sont le signe de l’existence d’un conflit intense entre la représentation interne d’un individu au sujet de son travail et la représentation que ce même individu a de ses capacités et valeurs.

C’est également une sonnette d’alarme qui nous dit que notre société ne va pas dans la bonne direction. Si notre objectif en entreprise est d’être productif, il y a surement d’autres moyens que de perdre beaucoup de temps et d’argent à faire face aux burn-out et autres maladies professionnelles des employés. On pourrait par exemple miser sur l’épanouissement, qu’en dites-vous?

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Références

1. Ipsos-Reid, Inc: 5th Annual Aventis Health Care Survey. Aventis Pharma Inc: Laval, QC, Canada.

2. Statistics Canada: The Canadian Community Health Survey (CCHS). Ottawa, ON, Canada.

3. Mental Illness Foundation: Statistics on the stress at the workplace. Montreal, QC, Canada.

4. Extrait de l’Ordre des psychologues du Québec (2002). La vie au travail : un monde en transformation, Symposium Santé mentale au travail, Montréal.

5. Données de la CSST. Direction de la statistique et de la gestion de l’information (2002). Lésions professionnelles indemnisées liées au stress, à l’épuisement professionnel ou à d’autres facteurs d’ordre psychologique.

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08 2009